Depuis la révélation de l’existence d’un grand nombre de comptes cachés au Panama, on assiste à un débat d’une grande confusion. D’abord, on feint de découvrir que des richesses énormes échappent à l’impôt: on sait pourtant depuis longtemps que c’est le cas pour plus du tiers de la richesse produite mondialement chaque année et que ces ressources manquent cruellement partout, en particulier dans les pays les plus pauvres. Ensuite, on feint de croire que seuls quelques lieux exotiques permettraient de dissimuler des fortunes au fisc, alors que
bien des pays, parmi les plus respectés, en fournissent les moyens: Panama n’est pas le seul pays à offrir un tel havre de discrétion et encore moins à offrir des conditions fiscales avantageuses. Enfin, parmi ceux qui les utilisent, on mélange trois sortes de personnes: 1. Des gens ayant commis des actes criminels et caché les revenus qu’ils en ont tirés dans un paradis fiscal. Ceux-là sont en situation inacceptable, au regard de la loi de leur propre pays. 2. Des gens ayant gagné honnêtement de l’argent, mais décidé de le mettre à l’abri, soit en le dissimulant frauduleusement au fisc de leur pays, ce qui est illégal, soit en s’arrangeant légalement pour que ce revenu ne soit taxable que dans ce paradis fiscal, ce qui est moralement intolérable. 3. Enfin, d’autres, en toute légalité, et par souci de discrétion, ont choisi d’avoir un compte dans ce pays pour y déposer ...
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