Le variant breton est-il passé par Randan (Puy-de-Dôme) à la suite d'un enterrement qui a réuni 450 personnes ?
Un cluster avec le variant breton s’est-il développé dans la communauté des gens du voyage cette semaine suite à un rassemblement à Randan ?
C’est en tout cas une question prise très au sérieux par l’Agence régionale de santé et les services de l’État après la venue de 450 personnes pour l’enterrement, mercredi 31 mars, de deux enfants (un garçon âgé de 22 mois et une fille de 9 mois), décédés samedi soir dans un accident de la circulation aux Martres-sur-Morge (Puy-de-Dôme).
Devant les circonstances dramatiques, « on ne pouvait pas s’opposer à ce rassemblement qui se déroulait pour accompagner et soutenir la famille », explique Philippe Chopin, préfet du Puy-de-Dôme, mis au courant mardi 30 mars de ce regroupement.
Parmi les membres de la communauté venus de toute la France, certains ont fait le déplacement de Bretagne. Et l’ARS de cette région a alerté son homologue d’Auvergne-Rhône-Alpes de la possible présence de personnes testées positives au variant breton.
Une cérémonie uniquement en extérieurAvec le soutien de l’association départementale des gens du voyage, la préfecture du Puy-de-Dôme, les gendarmes et l’ARS sont entrés en contact avec les deux pasteurs présents. Les membres de la communauté n’ont pas souhaité être dépistés. Mais un accord pour une cérémonie uniquement en extérieur, en respectant au maximum les gestes barrières, a été acté.
« Devant la douleur et la situation exceptionnelle, il n’était pas question d’interdire un enterrement. On a essayé d’accompagner au mieux », reprend Philippe Chopin pour qui « il n’y a pas de place pour la polémique » après le drame survenu samedi 27 mars.
À la suite de l’enterrement, une partie des personnes présentes mercredi à Randan sont reparties dans leur région. D’autres membres de la famille ont rejoint leur commune dans le Puy-de-Dôme.
Jeudi soir, il restait une trentaine de caravanes installées sur le terrain de football de Randan. « Une partie de la famille qui attend la sortie de l’hôpital de la grand-mère, blessée dans l’accident », précise le préfet du Puy-de-Dôme.
Une journée de dépistage mardi 6 avril à RandanDes messages ont été passés à la communauté des gens du voyage pour se faire tester au moindre symptôme. « On sait que le variant breton est difficilement détectable. Et nous restons très attentifs à l’évolution de la situation », assure Philippe Chopin.
Si les contacts avec la population locale ont été limités, une opération de dépistage sera tout de même proposée pour les volontaires. « Étant donné qu’il y a un cluster potentiel, avec l’ARS, nous allons organiser une journée de dépistage massif de la population mardi 6 avril à Randan », annonce, ce jeudi soir, la maire Sandrine Couturat.
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Gilles Lalloz et Arthur Cesbron

