La France compte moins de licornes en 2026 qu’en 2022
En 2019, Emmanuel Macron fixait l’objectif d’atteindre 25 licornes françaises en 2025. Les licornes, ce sont des startups non cotées en bourse et valorisées au moins un milliard (d’euros ou de dollars, selon le côté de l’Atlantique où l’on se trouve).
En 2022, il annonçait l’objectif atteint avec trois ans d’avance. Nous étions alors à la troisième place européenne, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne. Et, à l’Élysée comme à Bercy, on se prenait alors à rêver d’atteindre les 100 licornes en 2030.
Où en sommes-nous aujourd’hui ? Officiellement, la France en compte 38, la dernière en date étant Pasqal, première licorne française du quantique. Mais le statut de licorne n’est pas atteint une fois pour toute. Leur valorisation peut baisser mais comme elles ne sont pas cotées, il est difficile d’avoir accès à leurs documents financiers.
Le cabinet de conseil Mighty Nine et son fondateur Julien Petit se sont donc attelés à la tâche pour tenter d’établir des tables de capitalisation pour les sociétés européennes. L’étude qui vient d’être publiée fait un peu le ménage : 60 licornes européennes disparaissent de la liste.
En France, il n’y en a plus que 23, c’est-à-dire moins que le 17 janvier 2022 lorsque le président de la République a lancé son « cocorico ». Le premier écrémage se fait en retirant de la liste des 38, les 9 licornes qui ont délocalisé leur siège social aux Etats-Unis. Il n’en reste alors plus que 29. Parmi celles-ci, 6 ont désormais une valorisation inférieure à 1 milliard d’euros (Md€) : Sorare (240 M€ contre 3,9 Md€ lors du dernier tour de table, soit une baisse de 94%) ; ManoMano (480 M€ vs 2,2 Md€, -78%) ; Sumeria (240 M€ vs 1 Md€, -76%) ; PayFit (625 M€ vs 1,8 Md€, -65%) ; Spendesk (360 M€ vs 1 Md€, -64%) ; Vestiaire Collective (880 M€ vs 1,5 Md€, -43%).
Il est normal que des entreprises voient leur valorisation baisser. Cela ne devrait pas inquiéter outre mesure si, parallèlement, de nouvelles startups venaient remplacer les licornes sortantes. Ce n’est pas le cas, preuve que la « startup nation » promise par Emmanuel Macron n’est pas vraiment advenue, faute de réduction des charges sociales et fiscales et de simplification des démarches administratives.
Faute aussi de fonds de pension – c’est-à-dire de retraites par capitalisation – puisque, si des licornes s’expatrient aux Etats-Unis, c’est bien sûr parce qu’elles y trouvent un marché plus dynamique mais surtout parce que les financements y sont plus abondants.
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