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Март
2026

CIA-Mossad, l'opération "Fureur épique" décortiquée par dix experts : taupe en Iran, cyberattaques et satellites

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Peu de personnes ont vu cette image. Samedi 28 février, des responsables militaires tendent une photo à Benyamin Netanyahou. Le Premier ministre israélien regarde la dépouille de l’ayatollah Khamenei, tué à Téhéran le jour même. À des milliers de kilomètres de Tel-Aviv, Donald Trump contemple le même cliché. C'est la preuve qu'il attendait depuis des heures. Une source humaine au plus près des décombres l'a transmise. "Khamenei, l'une des personnes les plus maléfiques de l'histoire, est mort", écrit le président américain sur Truth Social, son réseau social. Le lendemain, les médias iraniens confirment la mort du Guide suprême, ainsi que celle d’au moins trois autres cadres du régime.

"Nous venons d'assister à l'utilisation particulièrement réussie du renseignement pour éliminer des cibles bien spécifiques. Cette opération est l'aboutissement d'années de lourds investissements dans les services, autant côté américain qu'israélien", observe Dan Lomas, chercheur en relations internationales à l’université de Nottingham, expert de l'espionnage. Les assassinats ciblés de dirigeants par des puissances étrangères sont rarissimes. L'exemple le plus proche reste celui de l'Afghan Hafizullah Amin, tué à Kaboul par les forces soviétiques en 1979. La puissante République islamique d'Iran est un adversaire d'une tout autre dimension. Et pourtant, la voilà aujourd'hui décapitée.

Cette élimination n'est que la première étape d'un plan beaucoup plus large. Washington et Tel-Aviv veulent détruire ce qu’ils voient comme le principal danger régional : le programme nucléaire iranien. Et, si possible, renverser le régime. Pour maintenir l'élément de surprise, ils ont choisi de tuer Khamenei dans les premiers instants de la guerre, en plein jour, avant même d'avoir supprimé les systèmes de défense sol-air iraniens. Depuis, ils multiplient les frappes. "Ce niveau de coordination est inouï. L'armée américaine dispose d'un service de renseignement, de surveillance et de reconnaissance exceptionnel et constant des forces iraniennes", constate James Fanell, ex-directeur du renseignement et des opérations de la flotte américaine du Pacifique.

L’offensive est le fruit d'une préparation militaire inédite, que L'Express a analysée en convoquant une quinzaine d'experts. Sa planification a duré plusieurs mois. On pourrait en réalité dire plusieurs décennies. Depuis plus de vingt ans, à Tel-Aviv, l'unité 8200, spécialisée dans les cyberopérations, suit à la trace les dirigeants iraniens. Les agents du Mossad et de la CIA approchent des sources au plus haut niveau de la République islamique. Dans l'espace, des dizaines de satellites américains cartographient les zones à surveiller. Ces données, impossibles à traiter par un analyste seul, sont désormais triées et hiérarchisées par l’intelligence artificielle. Elles alimentent un conflit où décision et frappe sont désormais quasi instantanées.

Une prouesse qui appelle, tout de même, une interrogation : comment Donald Trump a-t-il imaginé conclure l'opération "Fureur épique" ? A mesure que l'offensive dure, cette question pourrait prendre de plus en plus d'importance.

Chapitre 1

Le renseignement humain

Jeudi 26 février, une source humaine de la CIA signale la tenue d'une réunion entre Khamenei et les cadres du régime. L'information confirme les rapports des services de renseignement israéliens. Le lendemain, à 15h38 à Washington, Donald Trump donne l’ordre qui déclenchera l’offensive onze heures plus tard.

Après l’opération israélienne "Rising Lion", en juin, le régime iranien a appris à quel point ses téléphones pouvaient le trahir. Les espions américains et israéliens doivent donc s'appuyer sur de vieilles techniques. "Le renseignement humain demeure l'aspect le plus complexe de la discipline. Malgré les progrès de l'IA et de la technique, les raisons de l'effondrement d'un régime restent fondamentalement une question de personnes", estime Assaf Orion, chercheur au Washington Institute for Near East Policy, ancien chef de la division stratégique de Tsahal.

Fort d'une connaissance fine du pays, la CIA, et encore plus le Mossad, ont cartographié les cercles du pouvoir depuis longtemps. Jusqu'à recruter au moins une source dans l'entourage de l'ayatollah. Comment s'arroger la fidélité d'un agent programmé pour détester les deux ennemis irréductibles de l'Iran ? Chantage, exploitation des divisions internes ou corruption... Toute technique est bonne pour retourner une source. Il peut s'agir de l'épouse d'un dignitaire ou d'un de ses gardes du corps, l'essentiel est d'avoir le meilleur accès aux informations les plus classifiées. "Des opérations israéliennes comme 'Rising Lion' ont montré que les Gardiens de la révolution iraniens sont profondément infiltrés par le Mossad", remarque Dan Lomas. En juin, les services israéliens avaient démontré leur capacité à savoir où se trouvaient précisément les cadres du régime, allant jusqu'à les appeler sur leurs portables pour leur conseiller de fuir le pays.

Récemment, le bruit a couru qu'Ismail Qaani, le patron de la force Al-Qods, le renseignement extérieur des Gardiens de la révolution, miraculé de plusieurs attentats, aurait pu être cette taupe. Au point d'alimenter plusieurs articles de la presse internationale. "Qaani n’est pas notre espion", a écrit le Mossad sur X, en juin 2025. De quoi alimenter encore plus les rumeurs.

Une fois identifiées, les sources doivent entrer en contact avec leur agent traitant. "Les méthodes sont diverses : messageries chiffrées, VPN sophistiqués - un réseau privé virtuel permettant de contourner la surveillance d'Internet - ou une ligne satellitaire privée, établie entre la source et les services", remarque James Fanell. Un ex-cadre de la DGSE a raconté à L'Express qu’une clé USB pouvait être laissée à Téhéran pour une source. "Il faut saucissonner l'information à travers différents moyens de communication. Le renseignement devient un puzzle, ce qui réduit les risques en cas d'interception", explique l'eurodéputé LR Christophe Gomart, ancien directeur du renseignement militaire.

Chapitre 2

Les satellites

Aux côtés de la CIA, la contribution de la National Geospatial-Intelligence Agency (NGA) est cruciale. L'agence exploite les images du puissant réseau satellitaire des États-Unis. "Il ne suffit pas d'avoir un satellite en orbite au-dessus de Beyrouth ou de Téhéran, il faut aussi que l'image soit transmise", remarque Bernard Barbier, ancien directeur technique de la DGSE.

Objectif : réduire le délai entre la capture de l’image par le satellite et sa réception dans les "situation rooms", les centres de crise américains. "En France, une fois que l'image est acquise, nous attendons que le satellite repasse au-dessus de nos têtes pour le récupérer", pointe Bernard Barbier. La manœuvre prend plusieurs heures.

Depuis dix ans, Washington a densifié son dispositif. "Les Américains ont désormais la capacité de transmission instantanée. Elle réduit considérablement le temps entre le renseignement et l'action", poursuit Barbier. Les États-Unis s'appuient sur des satellites évoluant entre 400 et 700 kilomètres d'altitude. Leur orbite basse leur permet d'obtenir une image en très haute résolution. Une fois l'image captée, elle est transmise à l'un des satellites relais en orbite géostationnaire, à environ 36 000 kilomètres de la Terre. Au sol, un logiciel corrige les distorsions liées au mouvement du satellite, à la courbure de la Terre et au relief du terrain. La manipulation prend quelques millièmes de secondes. Un savoir-faire unique au monde.

Chapitre 3

Le cyber

Samedi 28 février, tôt dans la matinée, des agents israéliens fixent un écran diffusant des vues de Téhéran. Une voiture se dirige vers la résidence de l'ayatollah Khamenei, située non loin de la rue Pasteur. À l'intérieur se trouve le guide suprême. L'Unité 8200 de Tsahal aurait piraté les caméras de surveillance de la capitale. Ses agents vérifient ainsi que Khamenei se rend bien à la réunion identifiée deux jours plus tôt par le Mossad et la CIA. Ils ont aussi compromis les téléphones de gardes du corps des Gardiens de la révolution. Ils ont écouté leurs conversations et cartographié leurs routines. "Rentrer dans ces réseaux n'est qu'une partie de la tâche. Une fois que l'on est à l'intérieur, il faut résister aux antivirus, élargir la faille, observe Olivier Mas, ancien cadre de la DGSE. Ce dispositif réclame énormément de temps et de ressources."

L'arme cyber est devenue essentielle pour mieux voir, mais aussi aveugler. En parallèle des frappes ciblées, Washington et Tel-Aviv ont tout fait pour plonger Téhéran dans un brouillard numérique. Leur espionnage s’est doublé dès samedi 28 février d’une vague de cyberattaques. D'après l'observatoire Netblocks, l'Internet iranien a chuté à seulement 4 % de son trafic habituel.

Ces piratages avaient un double objectif : créer la confusion dans le pays et empêcher l'organisation de la contre-offensive. Une cyberattaque menée contre les systèmes de défense sol-air iraniens pourrait en partie expliquer la vulnérabilité de Téhéran aux attaques israélo-américaines. Ces attaques sont semblables au reste de l'opération : elles ont eu lieu dans de multiples secteurs, ont été concomitantes, et très rapides. "L'étendue des attaques laisse présumer de l'usage de l'intelligence artificielle. Elle décuple les capacités et permet de s'en prendre encore plus efficacement aux infrastructures critiques. L'effet est dévastateur", explique David Leslie, directeur de la recherche à l’Alan Turing Institute et professeur à l’Université Queen Mary.

Chapitre 4

L'intelligence artificielle

"Au cours de ma carrière, j'ai régulièrement été confronté à un volume de renseignements si important que nous étions submergés. Aujourd'hui, les données disponibles ont explosé, mais l'intelligence artificielle les trie et les intègre mieux", estime James Fanell. D'après des informations du Wall Street Journal, le Pentagone aurait eu recours à Claude, le logiciel d'intelligence artificielle de la société Anthropic.

Les détails de cet usage restent inconnus : ni Tsahal ni l’armée américaine ne l’ont commenté. "Mais l'IA peut être utilisée de trois manières dans ce type d'opération", estime Craig Jones, maître de conférences en géographie politique à l'université de Newcastle, spécialisé dans les usages militaires de l'intelligence artificielle. En passant au crible des volumes massifs de données, l'IA aide les services de renseignement à mettre en ordre les informations collectées et à en tirer du sens.

Un outil de ciblage peut aussi s’y ajouter. Dans les premières heures de l'opération "Fureur épique", Washington et Tel-Aviv ont frappé plusieurs milliers d'objectifs. L’IA a probablement aidé à les identifier. "L'IA est entraînée à reconnaître des schémas récurrents : bâtiments, objets, rampes de missiles. Elle est capable d’identifier des objets ou infrastructures susceptibles de constituer des cibles qu'un humain n'aurait pas repérées", poursuit le chercheur.

L'intelligence artificielle a aussi pu être utilisée à des fins de modélisation. "L'armée américaine utilise depuis trente ans un logiciel qui simule l'effet d'une frappe sur un bâtiment, en intégrant les matériaux de construction, son nombre d'étages, son architecture, la nature du sol, et le type d'armement éventuellement utilisé", reprend Craig Jones. Des simulations de frappes contre la résidence de Khamenei ont probablement été menées en amont.

Chapitre 5

Les moyens militaires

Les chiffres sont vertigineux. D'après le Pentagone, les États-Unis ont frappé près de 2 000 cibles dans les quatre premiers jours de l'opération "Fureur épique", dont 17 navires - et parmi eux un sous-marin. L'armée israélienne explique de son côté cibler 1 000 objectifs par jour. Un tel volume s’explique en partie par la fragilité des défenses iraniennes, endommagées lors de la guerre des 12 jours de juin 2025.

Ce déluge de feu est surtout le résultat d'une planification méticuleuse entre Tel-Aviv et Washington. D'après les informations de The Economist, les discussions entre les deux capitales ont débuté l'été dernier, juste après l'opération "Rising Lion". En janvier, Eyal Zamir, chef d'état-major de Tsahal, était au Pentagone pour répartir les zones de frappe. Israël prend en charge l’ouest du pays et son centre. Tsahal peut ainsi viser Téhéran, cœur du pouvoir et notamment l'Assemblée des experts, chargée de désigner le successeur de Khamenei. Les États-Unis se concentrent sur le sud et les eaux territoriales. La première phase de l'offensive, l’élimination du leader iranien en plein jour, résulte d’une opportunité tactique et de moyens colossaux. "L'utilisation de missiles de longue portée américains a permis de conserver un élément de surprise", explique Kelly Grieco, chercheuse au Stimson Center.

La deuxième phase, longue d'une centaine d'heures, a permis à Israël d'attaquer ses cibles prioritaires. Les États-Unis ont aussi déployé Lucas, un drone de combat de longue portée inspiré des projectiles iraniens. La vraie nouveauté réside surtout dans l’accélération d’un vieux concept américain : la boucle OODA - observer, orienter, décider, agir. "Le pays qui gagne dans un conflit est celui qui prend des décisions plus vite que l'adversaire. Pour cela, il faut réduire le délai entre l'information et l'action. Nous le peaufinons depuis la guerre en Afghanistan. Aujourd'hui, notre boucle OODA est extrêmement rapide par rapport à celle des Iraniens. Depuis une semaine, l'avantage est clairement américain", estime James Fanell.

Chapitre 6

Les buts de guerre

"L'opération est tactiquement réussie. Mais quel est le bilan ? On ne gagne pas une guerre en envoyant des bombes", pointe Bernard Barbier. Les services de renseignement peuvent désormais observer, décider et frapper en quelques minutes. Mais ils ne peuvent pas définir à la place du pouvoir politique une stratégie de sortie de conflit.

Au début de l'intervention, les premières frappes de Washington visaient les infrastructures militaires iraniennes. Donald Trump expliquait vouloir "défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes". La poursuite du conflit, ainsi que le bombardement d'infrastructures civiles en Iran - notamment des installations pétrolières - laissent présager un objectif beaucoup plus large. Trump veut désormais être impliqué dans le choix du successeur de Khamenei et réclame désormais une "capitulation sans condition" de Téhéran. "Il ne semble pas avoir de réel plan de sortie. Il pensait sans doute pouvoir remplacer Khamenei par un second plus coopératif avec Washington, comme il l'a fait au Venezuela avec Maduro", remarque Mathew Burrows, ex-analyste de la CIA et ex-conseiller du National Intelligence Council américain. Mais la désignation de Mojtaba Khamenei, le fils du dirigeant éliminé, contrarie ses plans.

A Tel-Aviv, à l'inverse, l'orientation semble assez claire. Benyamin Netanyahou poursuit la guerre menée depuis le 7 octobre, et a pour objectif l'éradication du régime des mollahs en Iran, et de ses proxys, comme le Hezbollah au Liban. "Israël ne serait probablement pas si contrarié si l'Iran devenait une sorte de nouvelle Libye - du moment que le danger nucléaire est écarté", poursuit l'ancien de la CIA. Un scénario qui déstabiliserait la région… et plongerait l'Iran dans le chaos. Avec de fortes répercussions, y compris économiques, en Europe.







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