Assassinat de Quentin : la violence est dans la nature de l’extrême gauche
L’extrême gauche naît violente, elle se construit sur une violence qui lui est inhérente. Au commencement de l’histoire est la lutte des classes nous dit Marx, et la violence devient la matrice nécessaire pour faire advenir la dictature du prolétariat par l’éradication des autres classes et du capitalisme.
« Nous voulons l’abolition des classes. Le seul moyen est la violence politique aux mains du prolétariat […]. La révolution est l’acte suprême de la politique, et quiconque la veut, doit aussi vouloir les moyens qui préparent la révolution… » observait Engels, l’entrepreneur intellectuel qui ne cessa d’accompagner et soutenir Marx. Ce dernier considère que l’économie prime et soutient les rapports de force, mais il n’hésite pas à en appeler à la violence : « Le travailleur doit un jour avoir recours à la violence politique pour édifier la nouvelle organisation du travail. » expose-t-il à l’issue du congrès de La Haye le 8 septembre 1872 (Marx-Engels Werke, XVIII). « La violence est l’accoucheuse de toute vieille société qui en porte une autre dans ses flancs » écrivait-il encore (Le Capital, Livre III). Lénine soulignait que la dictature du prolétariat se ferait par la force : « Démocratie pour l’immense majorité du peuple et répression par la force, c’est-à-dire exclusion de la démocratie pour les exploiteurs, les oppresseurs du peuple. » (L’Etat et la Révolution).
Cet appel à la violence est totalement assumé par le marxisme par un double biais :
- d’une part, il pose la bourgeoisie comme la classe dominante au travers de l’idéologie dominante qui a asservi le prolétariat. Les capitalistes n’ont pu « capitaliser », acquérir leurs moyens de production, qu’en exploitant, et donc en violentant la classe ouvrière légitimée ainsi à vouloir en retour la disparition violentes des classes exploitantes. La violence économique des uns justifie la violence physique des autres.
- d’autre part, le communisme est messianique et millénariste, héritier de ceux qui, comme Joachim de Fiore, Savonarole ou d’autres faux prophètes, annonçaient le paradis sur terre. Il propose une révolution égalitaire qui permettra de ne plus avoir besoin de propriété ni même de travail. Or tous ceux qui promettent une société parfaite engendrent la terreur car l’Homme n’est pas parfait. L’avenir radieux n’est jamais qu’un mirage sans cesse repoussé et dont il faut alors expliquer sans fin le retard à advenir en réprimant des boucs émissaires d’occasion, à la façon des grandes purges de Staline.
Le néo-marxisme
Le communisme a perdu sa crédibilité dans l’échec de toutes ses expériences pratiques. Mais il prend d’autres visages comme l’hydre de Lerne à laquelle deux têtes repoussaient quand on lui en coupait une. La notion de violence a ainsi été déclinée dans diverses gammes pour justifier plus encore de violence. Par la consommation de masse, ont argumenté les gauches extrêmes, les capitalistes dupent les travailleurs, ils les amadouent aussi par l’intéressement, comme une forme nouvelle et plus insidieuse de violence économique et une domination au service de laquelle la justice et la police sont des outils de répression. Ce qui justifie de tuer la police qui, selon elles, tue.
Les philosophes français de la déconstruction, qui ont inspiré le wokisme américain, ont imaginé des pouvoirs et violences symboliques qui reproduisent inconsciemment l’ordre social, ses rapports de force et la domination qu’ils emportent sur les exploités. « Le pouvoir symbolique, écrit Bourdieu, est en effet ce pouvoir invisible qui ne peut s’exercer qu’avec la complicité de ceux qui ne veulent pas savoir qu’ils le subissent ou même qu’ils l’exercent » (Langage et pouvoir symbolique, Points, 2014) ). Ainsi dénonce-t-il « cette manière, particulièrement vicieuse, de ratifier la domination qui peut justifier la violence des exploités. »
Désormais, le wokisme étend le déconstructionnisme de Bourdieu, Foucault et autre Derrida dans certaines universités française et notamment à Science-Po. Il banalise la violence physique comme l’ont bien fait remarquer David Lisnard et Christophe de Voogd. Il empêche par la violence la présence d’intervenants qui ne lui plaisent pas. Il manifeste la même violence envers ceux qui s’insurgent contre la présence d’ idoles de la gauche extrême, comme Rima Hassan.
L’institutionnalisation de la violence
Certes il y toujours eu des groupes violents et parfois tueurs de tous bords. La gauche extrême en a une grande pratique, depuis les anarchistes de la fin du XIXème siècle, les Brigades rouges et la Fraction Armée Rouge allemande des années 1970 jusqu’à La Jeune Garde. Mais désormais, et c’est aussi grave que dangereux, LFI institutionnalise, sans complexe, la violence, jusqu’au meurtre. Un parti politique se prévaut de ses liens avec la violence organisée. « La Jeune Garde est une organisation alliée, liée au mouvement insoumis » avait déclaré Mélenchon le 30 avril 2025. Deux jours avant le meurtre de Quentin, le groupe LFI à l’Assemblée nationale réclamait l’abolition de l’arrêté de dissolution de La jeune Garde qui est très vraisemblablement impliquée dans cette mise à mort sauvage.
Et après que les liens les plus évidents ont été révélés entre les tueurs et LFI via notamment le député Raphaël Arnault, déjà condamné pour violence en réunion en 2022, et ses assistants parlementaires, la tactique de Mélenchon a été de se victimiser : « C’est nous qui sommes agressés réunion après réunion ! ». Alors qu’en avril 2025 il remerciait La Jeune Garde : « ils ont protégé nos cortèges quand on vient nous taper dessus ». A la façon marxiste, il retourne la cause de la violence sur le dos de ceux qui la subissent.
Aujourd’hui il est temps d’institutionnaliser la sécurité plutôt que la violence. Le rôle de l’Etat est moins de gérer lui-même les cours dans les universités publiques que de veiller qu’y soient assurés l’ordre et la sécurité. Il serait acceptable de considérer qu’aucun orateur engagé politiquement ne puisse venir parler aux étudiants, pour respecter une certaine neutralité. Il serait sans doute préférable de permettre que tous les points de vue puissent s’y exprimer de façon à favoriser l’information et le débat. Dans tous les cas, il est indispensable que tous les intervenants soient traités de la même manière. A défaut, il faut faire fermer les universités publiques qui sont devenues des lieux de propagande, ce qui n’est pas leur fonction, surtout aux frais du contribuable.
Il faut dénoncer la violence de l’extrême gauche autant que les carences de l’Etat macroniste.
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